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13 juillet 2022 3 13 /07 /juillet /2022 09:42

 

 

 

                     1921

 

 

"Dans la vie faut pas s'en faire..."

 

 

Décembre 1920- janvier 1921 - Exposition à la galerie Berthe Weil (46 rue Laffitte) intitulée Fauves, cubistes et post-cubistes

 

8 janvier - Inhumation du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe en présence du président de la République Alexandre Millerand, de tout le Gouvernement et du Premier ministre britannique Lloyd George*.

12 janvier - Raoul Péret, président de la Chambre des députés, lit à Georges Leygues, les interpellations de certains députés. Le président du Conseil propose de les ajourner et de poser la question de confiance sur leur renvoi après la Conférence de Paris qui doit s'ouvrir quelques jours plus tard. Mais 447 députés s'opposent à cet ajournement et refusent la confiance. Cette opposition marque la fin logique d'un processus visant à renverser Leygues - et son gouvernement -, à qui on reproche d'avoir repris sans le changer le ministère Millerand qui avait été formé au lendemain de l'élection de Paul Deschanel à la Présidence de la République. Leygues est accusé de manifester une trop grande docilité envers Millerand et de manquer de fermeté dans la question des Réparations. Leygues présente sa démission au président de la république qui demande à Aristide Briand de former un nouveau gouvernement. 

20 janvier - Aristide Briand présente le gouvernement qu'il vient de former devant les députés. Dans son discours d'investiture, il prend soin d'affirmer sa fidélité au Traité de Versailles et sa ferme volonté (de nos jours, on emploierait le mot "détermination") d'en obtenir l'application : "La sanction de la guerre, la conséquence de la victoire, c'est l'exécution du Traité. L'Allemagne est vaincue, mais aucune de ses mines, de ses usines, n'a été détruite ; ses forces de production restent entières et même les conditions infligées par la défaite lui ouvrent les plus larges espoirs d'expansion économique. Il est possible de prévoir son prompt relèvement." Briand, qui est aussi ministre des Affaires étrangères, obtient la confiance de la Chambre.

Après une scolarité à Nantes et à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure ; maintenant on dit Loire-Atlantique), Aristide Briand arrive à Paris en 1883 pour y suivre des études de droit. En 1889, il se présente à la députation dans l'arrondissement de Saint-Nazaire en tant que candidat radical et boulangiste. Dans son programme, il souhaite (entre autres) la suppression du Sénat ou tout au moins son élection par un mode plus conforme aux principes du suffrage universel, la séparation des Eglises et de l'Etat, la suppression des trésoriers-payeurs généraux et des grosses sinécures, la suppression de l'inamovibilité des juges, des réformes fiscales (impôt progressif et proportionnel), la création de caisses et de maisons de retraite pour les vieux ouvriers sans famille. Il est battu mais sera élu député de Saint-Etienne en 1902 et le restera jusqu'en 1919. De 1906 à 1909, il est ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes. Il est président du Conseil du 24 juillet 1909 au 27 février 1911 puis de nouveau du 21 janvier 1913 au 18 mars). En 1914-1915, il est ministre de la Justice et vice-président du Conseil dans le Cabinet Viviani (Delcassé y est ministre des Affaires étrangères, Millerand ministre de la Guerre, Sembat ministre des Travaux publics). Il est de nouveau président du Conseil en octobre 1915 mais la démission de son ministre de la Guerre, le général Lyautey, entraîne le chute de son gouvernement en mars 1917. 

24-29 janvier - Conférence interalliée de Paris présidée par Briand qui réunit Lloyd-George et Lord Curzon (pour la Grande-Bretagne), le comte Sforza (pour l'Italie), les ministres des Affaires étrangères et des Finances belges et le vicomte Ishii, ambassadeur du Japon. Lloyd-George arrive à Paris avec l'intention de s'en tenir aux conclusions des conférences de Hythe, Boulogne et Spa que le Parlement français considère comme des capitulations du gouvernement. Paul Doumer, ministre des Finances, est chargé d'exposer les revendications françaises. Le chiffre avancé par le ministre au titre des Réparations est de 210 milliards de marks, dont 52% pour la France. Lloyd-George répond qu'il faut avant tout compter avec la capacité réelle de paiement de l'Allemagne et qu'il convient de ne pas tarir la source par des prélèvements excessifs. Pour maintenir l'entente entre la France et la Grande-Bretagne, meilleure garantie de l'exécution du Traité de Versailles, Briand admet le principe anglais de proportionner les Réparations à la capacité de paiement de l'Allemagne. Le rôle de la Commission des Réparations, primitivement chargée d'évaluer les dommages de guerre, se voit alors réduite à un simple contrôle de l'état des finances de l'Allemagne. Durant cette conférence, on décide d'inviter à Londres, du 27 février au 3 mars, des représentants allemands.  

 

4 février - naissance de Paul, fils de Pablo Picasso et de Olga Khokhlova.

 

27 février - 3 mars - Lors de la Conférence de Londres, Lloyd George reste sur ses positions et soutient que les Réparations doivent être proportionnées à la capacité de paiement de l'Allemagne. Walter Simons, ministre allemand des Affaires étrangères, développe une thèse qui aboutit à la "conversion" des sommes fixées à Paris à un total de 30 milliards de marks en énumérant les conditions de son versement, la première étant l'annexion par l'Allemagne de la Haute-Silésie. Lloyd George fait alors éclater sa colère : "Il est temps de lever la séance car dans cinq minutes nous finirions par devoir de l'argent à l'Allemagne". Le Premier ministre anglais se rend alors compte qu'il ne faut pas se fier aux dirigeants allemands pour apprécier en toute objectivité la capacité réelle de l'Allemagne à pouvoir payer les Réparations. Un ultimatum est envoyé à Berlin : "Si avant le 7 mars, le gouvernement allemand n'a pas donné son adhésion à l'accord de Paris, des sanctions économiques seront appliquées par les Alliés : occupation de Duisbourg et de Dusseldorf ; établissement d'une ligne douanière sur le Rhin sous le contrôle des Alliés". L'ultimatum est repoussé par Berlin. Le 8 mars, les troupes alliées occupent les principaux centres de l'industrie allemande.

15 mars - Les députés français accordent leur confiance à Briand par 491 voix contre 66.

  

10-19 mars - Exposition Raoul Dufy à la galerie Bernheim-Jeune. 

24 mars - Décès à Céret (Pyrénées-Orientales) du compositeur Déodat de Séverac. Après des études de droit (abandonnées) et de musique auprès de Vincent d'Indy, ce régionaliste convaincu regagne le sud de la France où il est né en 1873 pour composer des partitions qui respirent le Languedoc et la Catalogne comme dans En Languedoc, Cerdaña et Baigneuses au soleil. Ses nombreux séjours à Céret ont nourri son inspiration et dans ses oeuvres il a souvent fait appel aux instruments de musique traditionnelle catalane.

Mars - Dans le numéro 18 de Littérature sont notées, comme au collège, de -25 à +25 des personnalités du monde de l'art. Jeu d'enfant qui amuse et passionne surtout André Breton (qui obtient la meilleure note). Certains donnent systématiquement la note de -20 à tout le monde tandis que d'autres avancent des chiffres au hasard. Max Jacob juge ce numéro de Littérature du plus haut comique. Jean Cocteau, honni de Breton, ne figure pas parmi ces personnalités qui passent à la toise.          

Avril-mai - Exposition Albert Gleizes à la galerie Chez La Cible tenue par Jacques Povolozky (13 rue Bonaparte).

 

30 avril - Une deuxième conférence s'ouvre à Londres pour discuter des conclusions de la Commission des Réparations. Un montant de 132 milliards de marks est fixé au titre des Réparations. 

 

Avril-mai - Paul Eluard et son épouse Gala sont en villégiature sur la Côte d'Azur. Gala qui aime jouer, "perd - elle est joyeuse - de petites fortunes au casino"**.

"En sortant du trente et quarante, je ne possédais plus un radis de l'héritage de ma tante...

Dans la vie faut pas s'en faire..." 

2 mai - Exposition d'oeuvres de Max Ernst au Sans Pareil. Ernst que Tzara ne cesse de louer (au grand dam de Picabia) est un artiste subversif qui vit à Cologne où une des ses expositions a tourné à l'émeute, la police intervenant pour arrêter l'artiste. L'exposition de l'artiste allemand (absent car privé de passeport) donne lieu à un beau chahut.

 

11 mai - Berlin accepte sans conditions les décisions des Alliés. Après cette conférence, la confiance est accordée à Briand par 390 voix contre 162. 

    

13 mai - André Breton préside un "procès" au nom de Dada intenté à Maurice Barrès pour crime contre la sûreté de l'esprit.

30 mai-10 juin - Exposition d'oeuvres de Georgette Agutte à la galerie Druet, 8 rue Royale.

10 juin - Représentation à la galerie Montaigne (13 avenue Montaigne) lors d'un salon dada de la pièce en trois actes Coeur à gaz écrite par Tristan Tzara. Une seconde représentation est prévue pour le 18 juin.  

18 juin - Création au théâtre des Champs-Elysées de la pièce de Jean Cocteau Les Mariés de la Tour Eiffel sur une musique du groupe des Six.

 

 

* Source : site internet paris-arc-de-triomphe.fr

** Gala par Dominique Bona de l'Académie française (Flammarion, 1995) 

              

 

 

 

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